La nouvelle étude Ipsos-BVA pour la Fondation Le Refuge (actionnaire de têtu•) révèle une société française traversée par un paradoxe : alors qu’une large majorité de Français soutient les actions de lutte contre les LGBTphobies, les questions liées à la transidentité continuent de susciter méfiance et rejet.
Une société qui ne progresse plus sur l’acceptation des personnes LGBT+
Les indicateurs d’acceptation sociale des personnes LGBT+ ne progressent plus. Pour la deuxième année consécutive, seuls 46 % des Français estiment que les personnes LGBT+ sont bien acceptées dans la société. Ce chiffre, stable depuis 2025, confirme une forme de plateau après plusieurs années de visibilité accrue. Ce constat est encore plus marqué chez les personnes concernées : 65 % des personnes LGBT+ considèrent aujourd’hui qu’elles ne sont pas bien acceptées, contre 59 % en 2025.
La perception de l’action publique suit la même tendance. Si 40 % des Français jugent que l’État ne s’implique pas suffisamment dans la lutte contre les LGBTphobies, ce sentiment est largement majoritaire parmi les personnes LGBT+ : 74 % d’entre-elles considèrent que l’État ne joue pas suffisamment son rôle, contre 52 % en 2025. Cette inquiétude atteint 86 % lorsqu’il s’agit de la protection des jeunes LGBT+.
Et du côté des entreprises ?
Les entreprises sont également invitées à faire leur part pour 43% des répondant·es qui estiment qu’elles ne s’impliquent pas suffisamment dans la lutte contre les LGBTphobies au sein de leur organisation. Autre constat : 35% des répondant·es pensent que les entreprises en font suffisamment pour lutter contre les LGBTphobies, ce chiffre tombe à 15% pour les répondant·es LGBT+. Ces indicateurs montrent un décalage entre les politiques mises en place et leurs perceptions par les personnes qu’elles concernent.
Les jeunes trans, premières victimes des résistances sociales
Si près de deux Français sur trois déclarent qu’ils réagiraient positivement si leur enfant était homosexuel ou bisexuel, ils ne sont plus que 37 % (-4 points) dans le cas où leur enfant serait transgenre. Par ailleurs, 41 % des Français déclarent comprendre qu’un parent puisse s’opposer à la transition de son enfant transgenre. Ces résultats illustrent la persistance de fortes résistances sociales autour des questions d’identité de genre et font écho à une réalité que la Fondation Le Refuge rencontre quotidiennement sur le terrain : les jeunes transgenres demeurent particulièrement exposés aux incompréhensions, aux ruptures familiales et aux situations de rejet.
Une transphobie plus présente également au sein des entreprises
Cette étude peut également être corroborée par d’autres chiffres récents qui montrent une surreprésentation de réactions négatives face à un coming out transgenre en entreprise Vs un coming out homosexuel ou bisexuel dans le monde professionnel. Le dernier Baromètre menée par l’Autre Cercle et l’Ifop montre que 25% des employé·es non LGBT+ seraient mal à l’aise face à un coming out transgenre contre 6 à 9% pour les coming out d’une personne LGB. Ces chiffres sont une autre preuve criante de l’urgence de s’emparer de ces questions et de mettre en place des politiques DEI ambitieuses à l’égard des personnes transgenres au sein du monde professionnel.