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« En 2022, il est encore nécessaire de faire un film pour expliquer que ce n’est pas bien de traiter quelqu’un de fiotte »

« En 2022, il est encore nécessaire de faire un film pour expliquer que ce n’est pas bien de traiter quelqu’un de fiotte »

Le 17 mai est la journée mondiale de lutte contre l’homophobie, la transphobie et la biphobie (IDAHOT – International Day Against Homophobia, Biphobia and Transphobia). A cette occasion, têtu·connect, en partenariat avec BNP Paribas, LVMH et Mastercard dévoile un film inédit. Le point avec Benoit Pétré, réalisateur du film.

Par Chloé Consigny

Quel a été le brief initial pour l’écriture et la réalisation de ce film ? 

Je travaille avec têtu· depuis quatre années maintenant. Aussi, il m’a été très facile d’imaginer ce film. J’ai quasiment eu carte blanche. J’ai eu le loisir de réaliser un vrai court métrage, avec simplement quelques directions : faire simple et léger. Je me suis dit que ce serait bien de montrer les LGBT phobies ordinaires. J’ai donc imaginé quatre saynètes destinées à donner à voir les micro-agressions de la vie quotidienne auxquelles peuvent être confrontées les personnes LGBTQI +. Deux saynètes donnent à voir des propos homophobes, une saynète des propos lesbophobe et une saynète des propos transphobes. 

Combien de temps vous a-t-il fallu pour la réalisation de ce film ?

Ce court métrage est allé assez vite. Sans doute, parce qu’il s’agit d’une cause qui me tient à cœur. L’écriture a été assez évidente : j’avais envie de parler des insultes que l’on entend tous les jours, ces petits mots qui ont tendance à devenir courants alors qu’au fond, ça reste de l’homophobie. Après l’écriture, nous avons tourné en une journée. Les comédiens ont très vite répondu présents et le tournage a été facile à mettre en place. Je dirai qu’entre l’écriture, le tournage et le montage, il nous a fallu un mois.

Quelles sont les personnalités qui ont participé à ce film ? 

Pour ce film, nous avons réuni de nombreuses personnalités LGBTQI+ et allié·e·s : la chanteuse Suzane, les acteurs Alexandre Wetter (Miss), Orféo Campanella (Parents Mode d’Emploi sur France 2), Romain Lancry et Roland Menou (Les Crevettes Pailletées), Océan, Ouissem Belgacem, (ex-footballeur professionnel et auteur de l’ouvrage « Adieu ma honte », publié chez Fayard), l’artiste Louïz (Miss Trans France 2021) ainsi que les actrices Isabelle Vitari (Nos chers voisins sur TF1) et Marie-Sohna Condé (Première Etoile). 

Comment ont été repartis les rôles ? 

J’ai choisi de travailler avec ma famille artistique : des personnes LGBTQI + et des allié·e·s. Il était intéressant de mélanger les codes, par exemple en faisant jouer le rôle d’un homophobe à une personne homosexuelle. Souvent, la première réaction était le refus. Certains acteurs et actrices m’ont dit « mais non, mais je ne vais pas dire ça ! ». Je leur ai expliqué que c’était là tout l’intérêt et que cela permettait de dénoncer des propos inacceptables. 

Ces discriminations ordinaires sont-elles encore très courantes aujourd’hui ? 

Oh oui ! Des mots tels que « pédé » ou « fiotte » sont utilisés au quotidien et notamment par des jeunes qui ne mesurent pas la portée de leurs propos.  Ces discriminations ordinaires ne sont pas toujours comprises. A titre d’exemple, lorsque j’ai envoyé le script à une comédienne, elle s’est questionnée. Elle était très étonnée que ce genre de choses ne se dise pas! Sa réaction est assez tout à fait louable et assez révélatrice de l’opinion publique qui n’a pas toujours conscience des micro-agressions, que peuvent subir les personnes LGBTQI+ au quotidien. Les mots ont un sens et ils peuvent blesser. C’est tout l’objet de ce film : sensibiliser.  

Où ce film sera-t-il diffusé ? 

Le film sortira le 17 mai, à l’occasion de l’IDAHOT. Il sera diffusé sur Canal + et France.tv, soit dans sa version longue de deux minutes, soit par petites saynètes de 30 secondes. Au-delà de cette diffusion en télévision, le film sera également relayé sur les réseaux sociaux. 

L’an dernier, vous aviez également réalisé avec têtu· un film à l’occasion de l’IDAHOT. Quelles différences avec le film proposé cette année ? 

L’an dernier, le film était davantage un format documentaire, donnant à voir des vrais couples dans leur quotidien. Pour ce précédent film, c’est Vanessa Paradis qui nous avait prêté sa voix. Pour cette édition 2022, c’est Emilie Dequenne, que j’adore.

Quels retours peut-on attendre de la diffusion de ce film ? 

Il est très difficile de mesurer directement l’impact d’un tel film. En tous cas, j’espère que la diffusion du film en télévision, à une heure de grande écoute ne restera pas sans effets. C’est un faisceau d’actions qui permettront de faire reculer les micro-agressions du quotidien à l’encontre des personnes LGBTQI +. Nous devons poursuivre années après années. Il est étonnant de constater qu’il est encore nécessaire de faire un film pour expliquer que ce n’est pas bien de traiter quelqu’un de « fiotte », ou d’utiliser le mot “pédé” comme insulte suprême. Certains restent des détracteurs, arguant qu’ « à l’heure actuelle, on ne peut plus rien dire ». Si on peut tout dire. Néanmoins, il n’est pas permis d’insulter les gens en raison de leur orientation sexuelle. C’est là tout l’objet de l’IDAHOT (International Day Against Homophobia, Biphobia and Transphobia). Si ce film peut toucher quelques personnes et les pousser à réfléchir sur l’usage de mots qui blessent, alors, le pari est gagné !

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